Saut à ski
Lucile, une jeune sauteuse prometteuse
 
 
 
Vendredi 13 septembre 2013
 
Découvrir les motivations d'une jeune Française à se lancer du haut d'un tremplin
 
La première compétition de saut à ski pour les hommes s'est déroulée en 1862 en Norvège. Il a fallu attendre le début des années 2000 pour voir quelques femmes s'élancer du haut des tremplins. C'est en 2004/2005, que la FIS leur propose une coupe continentale, puis en 2006 des Mondiaux Juniors. En 2009, elles participent aux premiers mondiaux seniors à Liberec et en 2011, elles obtiennent de la FIS un circuit coupe du monde.
Après un mouvement de protestations lors des JO de Vancouver où leur sport n'est pas reconnu, elles obtiennent enfin la reconnaissance du saut féminin comme sport olympique et c'est à Sotchi que les premiers titres seront décernés.

Et c'est amplement mérité ! Les compétitions féminines n'ont rien à envier aux compétitions masculines.

En France, c'est Caroline Espiau de l'US Autrans, entraînée par Jacques Gaillard, qui ouvre la voie. Elle est la première sauteuse française à monter sur un podium de compétition internationale de saut à ski, avec une place de troisième à Bischofsgruen le 8 août 2009. C'est également elle qui remporte le premier titre de «championne de France de saut à ski », le 3 avril 2010 sur le tremplin des Tuffes à Prémanon.

Aujourd'hui, elles sont 48 filles à pratiquer le saut derrière un trio de choc Coline Mattel, Léa Lemare et Julia Clair. Récemment sur BFMTV, Coline Mattel déclarait : « Motivée à bloc ! C’est énorme ce qu’il nous arrive. Si tout se passe comme je l’ai prévu, je vais faire les Jeux. C’est le rêve de tout sportif de haut niveau. C’est l’échéance ultime. Et pour le saut à skis féminin, ce sont les premiers. C’est une première victoire après un long combat. On a toutes à cœur de donner le meilleur de nous-mêmes pour montrer à tout le monde, et à ceux qui nous ont refusé le droit de participer à ces Jeux, que ce n’était pas justifié. »





Dans le classement national, à la sixième place, apparaît une jeune sauteuse de 12 ans, Lucile Morat. Formée par Yoan Morel sur les tremplins d'Autrans, sociétaire du SA Méaudrais, elle a choisi de poursuivre sa route vers le haut-niveau en s'inscrivant au club de Courchevel où elle a pu trouver des conditions d'entraînement plus favorables. Il était intéressant de lui poser quelques questions sur son parcours et sur ce qui pourrait amener d'autres jeunes filles à choisir le saut à ski comme discipline sportive.


par Jacques Mignerey

1 MATTEL COLINE (1995)
MB
S.C LES CONTAMINES MONTJOIE
2 LEMARE LEA (1996)
SA
CLUB DES SPORTS COURCHEVEL
3 CLAIR JULIA (1994)
MV
SKI CLUB XONRUPT
4 AVOCAT GROS OCEANE (1997)
MB
ASPTT ANNEMASSE
5 HOYAU MARIE (1997)
MB
SKI CLUB SAINT GERVAIS
6 MORAT LUCILE (2001)
SA
CLUB DES SPORTS COURCHEVEL
7 PAILLARD OCEANE (2000)
MJ
OLYMPIC MONT D'OR
8 GEOFFRAY ANAIS (1994)
MJ
SKI CLUB BOIS D'AMONT
9 PAGNIER JOSEPHINE (2002)
MJ
RISOUX CLUB CHAUX NEUVE
10 BRESSAND MARINE (2001)
MB
CLUB DES SPORTS CHAMONIX
11 ESPIAU CAROLINE (1992)
DA
UNION SPORTIVE AUTRANAISE
12 LAMBERT MAYA (1998)
SA
S.C VALLEE MERIBEL
13 MAGNIER LUCIE (2002)
DA
UNION SPORTIVE AUTRANAISE
14 CLAUDEL CANDICE (1998)
MV
LA BRESSAUDE SECTION SKI
15 GUERILLOT VANINA (2002)
SA
CLUB DES SPORTS COURCHEVEL
16 LACROIX JULIE (1999)
MJ
SKI CLUB BOIS D'AMONT
17 FASSEL MARIANNE (2000)
MV
SKI CLUB KRUTH
18 BLANC ESTELLE (2001)
SA
CLUB DES SPORTS COURCHEVEL
19 CARROZ LEA (2000)
SA
S.C VALLEE MERIBEL
20 GAILLARD MARGAUX (2002)
DA
SKI AMICAL MEAUDRAIS
21 MICHARD MANON (2002)
MB
MULTIGLISSE SERVOZ MONT BLANC
22 SCHUTZ SOLENE (2001)
MV
VOSGES TROTTERS MULHOUSE
23 LUCAS LEONIE (2003)
MV
SKI CLUB XONRUPT
24 CLEMENT CHARLOTTE (2002)
MV
GERARDMER SKI ALPIN
25 ANTOINE MARGOT (2001)
MV
GERARDMER SKI ALPIN
26 GODEL LILOU (2003)
MV
VOSGES TROTTERS MULHOUSE
27 REDOUTEY RACHEL (2002)
MV
SKI CLUB LURON
28 POULET MEGGY (2003)
MV
A.S DU VALTIN
29 PANFALONE ALICE (2001)
MV
VOSGES TROTTERS MULHOUSE
30 PIERRAT MARIE LOU (2001)
MV
CLUB VOSGIEN VAGNEY ROCHESSON
31 PIERRON ELODIE (2003)
MV
SKI CLUB XONRUPT
32 ABEL CLARA (2001)
MV
CLUB VOSGIEN VAGNEY ROCHESSON
33 COUTTET ALICE (2004)
MB
CLUB DES SPORTS CHAMONIX
34 COLIN AMANDINE (2002)
MV
U.S VENTRON
35 HOCQUAUX MARGAUX (2001)
MV
GERARDMER SKI ALPIN
36 LAMBERT TALIA (2003)
SA
S.C VALLEE MERIBEL
37 PIERREL CHARLOTTE (2002)
MV
LA BRESSAUDE SECTION SKI
38 CARON MARGAUX (2002)
MV
SKI CLUB KRUTH
39 SPECKBACHER LIV (2002)
MV
VOSGES TROTTERS MULHOUSE
40 BEAUMONT TIPHAINE (1996)
MB
SKI CLUB LES HOUCHES
41 GUYOT LOUISE (2000)
MJ
SKI MORBIER BELLEFONTAINE MOREZ
42 CORNIL JULIE (2001)
MV
GERARDMER SKI ALPIN
43 MARTZ LUCIE (2000)
MV
VOSGES TROTTERS MULHOUSE
44 COMINOTTI CARLA (2002)
MV
GERARDMER SKI ALPIN
45 MARTIN JULIETTE (2001)
MV
VOSGES TROTTERS MULHOUSE
46 VANIER CLARA (2002)
MV
GERARDMER SKI ALPIN
47 ALBRIEUX ANNE (2000)
SA
CLUB DES SPORTS COURCHEVEL
48 MARTIN LUCIE (1998)
MB
S.C LES CONTAMINES MONTJOIE
 
Lucile Morat

1. A quel âge as-tu commencé à sauter ?


A l'âge de 5 ans ½, l'hiver des Jeux Olympiques de Turin, mais à l'époque je savais à peine ce que c'était.

2. Qu'est-ce qui t'a donné l'envie de sauter ?

Mon frère aîné Valentin qui a maintenant arrêté avait commencé à pratiquer, j'ai voulu faire comme lui.

3. Pratiquais-tu une autre forme de ski avant ?


J'avais commencé à faire du ski alpin l'année précédente, mais je n'avais encore que l'ourson quand j'ai commencé à sauter.


4. Sur quel tremplin as-tu commencé ?

Après quelques entraînements à pratiquer des réceptions, Yoan Morel m'a fait passer sur le petit tremplin d'Autrans, celui que l'on appelle le 10 mètres.

5. Aujourd'hui, sur quel type de tremplin t'entraînes-tu ?


Je m'entraîne sur des tremplins de 30 ou 60 mètres selon le travail à effectuer et les objectifs que nous fixent les entraîneurs.

Mes débuts sur le 10m Le saut, ça me plaît !





Avec Caroline Espiau qui venait de me faire cadeau
d'une combinaison réalisée par ses soins >
A Courchevel 6. Quel est le plus grand tremplin sur lequel tu aies sauté ?

Il s'agit du 60 mètres de Courchevel.

7. Quelle est la plus grande distance que tu aies réalisée ?

Mon record (à l'entraînement) est de 57 mètres, à Courchevel sur le K60 au début de la saison d'été 2013, donc sur herbe. Sur neige l'hiver dernier, j'ai réalisé 50 mètres toujours à l'entraînement sur le K60 de Courchevel.


8. Préfères-tu sauter en été ou en hiver ?
C'est mieux en hiver car lorsque qu'il fait très froid et que l'élan est glacé, la vitesse de sortie du tremplin est plus grande et donc les sauts peuvent être meilleurs.

9. Que ressens-tu pendant un saut ?

J'ai une sensation de liberté.

10. As-tu peur parfois ?

Oui, cela m'arrive lorsque le saut est bon et que j'ai plus de hauteur que d'habitude. C'est sur quoi je travaille en ce moment afin d'améliorer mes longueurs.


11. Conseilles-tu aux filles de faire ce sport ?


Oui, car il n'est pas réservé qu'aux garçons et qu'il y en a encore trop peu de pratiquantes en France.

A Garmisch Partenkirchen
12. Tu as choisi de partir à Courchevel. Pourquoi ?

Comme vous devez le savoir puisque Dauphinordique avait publié plusieurs articles à ce sujet l'hiver dernier, les conditions matérielles s'étaient dégradées ces dernières années sur Autrans.

Au début, j'avais eu envie de partir à Chaux-Neuve car il y avait là-bas plusieurs filles de mon âge (Joséphine Pagnier, Coralie Langel qui a maintenant arrêté et Océane Paillard qui s 'est malheureusement blessée cet été), mais l'organisation de la famille aurait été vraiment trop compliquée.
J'ai donc choisi Courchevel, car les conditions d'entraînement y sont excellentes.
A Garmisch Partenkirchen 13. Comment s'organisent ta scolarité et la pratique du saut ?

Je suis rentrée cette année en cinquième sportive au collège de Bozel dont dépend Courchevel, nous sommes libérés le mardi après-midi pour la préparation physique à l'automne et au printemps, et le mardi toute la journée pendant l'hiver pour aller au tremplin.

En plus nous avons entraînement de saut le mercredi après-midi et le samedi toute la journée, et en hiver nous faisons du ski alpin le dimanche après-midi.

S'il y a des compétitions, nous sommes parfois libérés le vendredi pour nous y rendre, nous devons alors rattraper les cours le soir.
14. Es-tu en contact avec des championnes comme Léa Lemare par exemple ?

Je vois Léa et les filles l'équipe de France lorsqu'elles s'entraînent à Courchevel, et parfois lorsque leur emploi du temps le permet elles nous récompensent lors des compétitions.
Il y a aussi les Italiennes qui sont venues plusieurs fois cet été s'entraîner.
15. Quel est au niveau international ta championne préférée et pourquoi ?

C'est la japonaise Sara Takanashi, car malgré sa petite taille et son jeune âge (17 ans), c'est un " avion de chasse ".

16. Quel est ton principal objectif pour la saison qui arrive ?

Progresser sur le K60 pour pouvoir sauter le K90.


Sara Takanashi, un avion de chasse


Mon rêve, voler comme Sara Takanashi >
 
Merci Lucile !