Ski de fond
Les confessions surprenantes de Justyna Kowalczyk
 
 
 
 
Lundi 2 juin 2014
 
Justyna Kowalczyk avoue vivre une grave dépression.
 
Justyna Kowalczyk a surpris tout le monde en confiant à Paul Wilkowicz du quotidien Gazeta Wyborcza qu'elle vivait une grave dépression, suite à une fausse couche et à une déception sentimentale. La championne polonaise a effectué toute la saison sportive dernière, dont les JO 2014 de Socthi, en surmontant de graves problèmes psychologiques. Depuis un peu plus d'un an, la skieuse vit un enfer. "Je lutte pour ma survie", clame Justyna Kowalczyk, qui travaille avec un psychothérapeute.

Elle souhaitait marquer en fin de saison une coupure plus importante que lors des dernières années, mais elle a finalement choisi de reprendre l'entraînement, le seul remède qu'elle ait trouvé à ce jour pour chasser ses idées noires. Elle s'est rendue à Ramsau pour un stage de préparation.

Depuis plus d'un an, je souffre de dépression nerveuse. Ces derniers temps, j'ai dû faire appel à un psychothérapeute suite à une crise de nerfs que j'ai faite au début mai.

A plusieurs reprises lors de la dernière saison, ça allait si mal que j'ai failli mettre un terme à ma carrière avant les Jeux olympiques de Sotchi. Pendant plusieurs mois, j'ai souffert d'insomnies. Pour plusieurs courses de la Coupe du monde, je ne m'endormais pas avant quatre heures du matin et je me réveillais à six pour me préparer pour la compétition. Je lutte contre mon organisme, contre des nausées permanentes, des évanouissements, des fièvres à 40 degrés, des angoisses.

Quand je gagne, c'est toujours une grande joie mais dès que je rentre à l'hôtel, je suis vidée nerveusement. Dans ma chambre, je n'ai qu'une chose à faire, regarder le plafond... Ma vie privée est complètement détruite. Je ne vis que pour le sport.

J'en ai assez de mentir, de cacher mon état à mes proches comme à toute la presse. On me voit comme une femme volontaire et agressive. Mais le fait est que quelque chose est cassé dans ma vie et je n'arrive pas à trouver une solution. J'ai bien essayé plusieurs traitements pendant les quinze derniers mois mais sans succès. La première fois, comme ma dépression s'aggravait, j'ai pris des médicaments mais sans grands effets. J'ai fait une deuxième tentative en septembre dernier puis une troisième au printemps. Toutes les tentatives ont été arrêtées après un mois car j'avais des pertes de connaissance, encore plus de nausées et des peurs incontrôlées. J'ai dit non aux médicaments et je me suis porté sur les friandises et les boissons énergétiques.

Quand tu es un athète de mon niveau, c'est complètement tabou de parler de dépression. On ne peut pas avouer qu'on a des faiblesses. On nous considère comme des êtres imbattables qui n'ont pas le droit de dire qu'ils ont des moments difficiles psychologiquement. Mais maintenant, je ne veux plus mentir, je veux que tout le monde connaisse mon problème.

Les gens comprendront pourquoi je me suis dérobée à la plupart des invitations, pourquoi j'ai peur d'aller au milieu de la foule, pourquoi je me suis évanouie récemment lors d'un marathon.

J'ai décidé de reprendre l'entraînement plus tôt que prévu. Il faut que la compétition, que j'ai dernièrement considérée comme un obstacle à une vie normale, me vienne maintenant au secours. Ce n'est pas le grand amour pour le sport qui me fait revenir à la compétition mais la volonté de "me battre pour moi-même".