Biathlon
Marie Laure fêtée à Luchon
 
 
 
 
dimanche 9 mai 2010
 
L'Autranaise a été fêtée à Luchon dans ses Pyrénées de coeur
 
Marie-Laure Brunet et Solène Jambaqué (médaillée aux Paralympiques de Vancouver) ont été fêtées dans leur ville de Luchon.

Elles sont arrivées en calèche, protégées de la pluie battante par un large parapluie. Indifférents aux conditions climatiques, les fans de Marie-Laure Brunet et de Solène Jambaqué n'ont pas raté le rendez-vous. Les banderoles et les cloches sont sorties des placards, rappelant la folle ambiance des JO de Vancouver.

« Après tout ce que l'on a vécu, on n'allait pas rater ça ! » s'exclame un fan.
Les deux jeunes championnes olympiques sont descendues de la calèche sous les applaudissements de la foule.

« C'est super de la voir ici, souffle Marianne, la maman de Marie-Laure. Il y a quatre ans, je n'aurais pas cru la voir au JO, je la croyais trop jeune. Après le relais, elle m'a laissé pantoise. J'ai décrété que je ne parierai pas avec elle ! »
« Ces deux médailles d'argent ont une saveur particulière pour Solène, renchérit Annie Jambaqué, elles ont une signification si lourde après toutes ses blessures."

Des familles réunies pour fêter les deux médailles de Marie-Laure, de Solène, sous l'œil attendri de Vincent Jay, médaillé lui aussi et compagnon de Marie-Laure. « Je suis très heureux pour Marie-Laure, mais ce soir, c'est sa fête à elle, la mienne je l'ai déjà eu chez moi ! » Après les discours, les deux reines des Pyrénées ont découpé leur gâteau, non sans avoir pu visionner en quelques minutes les meilleurs moments de leur saison.

« Je suis ravie de voir tout ce monde pour moi, alors que je suis absente une bonne partie de l'année, lance dans un sourire ému Marie-Laure. Malgré tout, je suis Luchonnaise et je le resterai toute ma vie ! » La jeune biathlète a eu le plaisir d'apprendre de la bouche de Louis Ferré, le maire de Luchon, qu'elle disposerait bientôt d'un pas de tir. « Juste une question : faudra-t-il prévoir une ou deux cibles ? s'interroge Louis Ferré, en fixant Vincent Jay. La fête s'est prolongée un peu plus loin dans la cité thermale.
Née à Lannemezan mais Luchonnaise de toujours, Marie-Laure revient dès qu'elle le peut dans ses Pyrénées de coeur. C'est là-bas que Marie-Laure Brunet a chaussé sa première paire de skis de fond.

Ses parents, Marianne et Jean-Louis le pratiquaient assidûment. D'abord licenciée au Ski Club de Superbagnères, puis au Club du Val d'Azun, Marie-Laure décide à 14 ans de partir à Font-Romeu. Sport études en internat. C'est là, dans ces Pyrénées Orientales qui ont vu naître deux autres fines gâchettes du biathlon actuel, les frères Fourcade, qu'elle découvre cette discipline semblant sortie tout droit de la guerre froide, dans les valises dissidentes d'un véritable douanier ukrainien…

Pour progresser encore, Marie-Laure va devoir quitter ses Pyrénées, cet endroit qui est alors trop éloigné des lieux de compétitions. Direction le lycée Pôle Espoir de Villard-de-Lans, sur le plateau du Vercors, à un tir des lieux de compétition qui comptent. Mais ne comptez pas sur elle pour oublier ses montagnes à elle.
Ses Pyrénées, dont elle parle avec tendresse et pudeur. Ses Pyrénées où, la saison finie, elle aime à se ressourcer. En famille. Dans un décor grandeur nature.






Interview "La Dépêche" :

Marie-Laure Brunet, lorsque vous posez la carabine et déchaussez les skis, à la fin de la saison, que vous revenez dans les Pyrénées, quel est votre coin préféré ?
Dans la vallée d'Astau, chez moi, au-dessus de Luchon.
Mon coin préféré est le lac glacé d'Espingo. Ma mère a tenu l'auberge d'Astau pendant 12 ans. J'ai passé tous les étés là-bas. Avec mon père on montait au refuge d'Espingo. Et c'est là que j'ai gravi mes premiers 3 000.

C'est votre plus beau souvenir d'enfance ?
Oui, ce sont mes plus beaux souvenirs. Quand j'avais 10 ou 11 ans, je me souviens également des sorties à la pêche avec mon père.

Le pays basque et les Pyrénées orientales, vous aimez aussi ?
J'aime bien la côte basque mais ne comptez pas sur moi pour la plage, je n'y vais jamais. Je préfère les endroits moins touristiques. Les PO, chez les Fourcade, je connais Font-Romeu, j'étais en sports études là-bas, pendant un an. J'aime aussi toute la vallée, en dessous, en redescendant vers Prades. C'est assez sympa, différent car plus près de la mer.

Donnez-nous trois bonnes raisons de venir dans les Pyrénées au printemps.
Il faut venir pour la flore, pour la cuisine, et pour l'accueil que vous réservent les gens. La flore est très réputée. Les baies sauvages, le rhododendron ferrugineux, l'iris sauvage, ma fleur préférée. La gastronomie vaut le détour. J'ai la chance de ne pas avoir à faire le régime. Une bonne garbure, un pétéram… Et puis il y a l'accueil. On y est attachés. Pour quelqu'un qui a envie de prendre le temps, de découvrir des gens authentiques, de visiter une belle région, c'est l'idéal.

Qu'est-ce que ça veut dire, être Pyrénéenne ?
Ca veut dire être fière de ses terres, de ses montagnes, même si elles sont moins reconnues que les Alpes. Ca veut dire un savoir-vivre, un pays où beaucoup de traditions se perpétuent. Je suis d'une famille de paysans. Tuer le cochon c'est quelque chose, on a le sens de la fête, de l'entraide, tout le monde est là et vient aider.

Son coin préféré ?
Sa majesté le lac d'Espingo "Espingo, dit Marie-Laure, c'est mon enfance. Marie-Anne, ma mère, a tenu l'auberge d'Astau pendant 12 ans, du printemps à l'automne. L'auberge est le point de départ de superbes randonnées. Elle est également une étape du GR 10, entre la vallée du Louron et la vallée de la Pique. Le Couret d'Esquierry (2 131 m) est à 3 heures de marche. Avant d'atteindre ce sommet, le val d'Esquierry, réputé pour sa flore exceptionnelle."




Son plat insolite : Le pétéram de Marie-Laure Brunet

Marie-Laure a tout pour rendre jalouses ses congénères. Au top dans sa discipline, elle avoue sans vergogne pouvoir manger de tout sans prendre un gramme.

Remarquez, les cadences infernales d'entraînement et de compétition auxquelles elle se livre n'y sont sans doute pas étrangères.

Si vous lui demandez quelle est la meilleure table dans les Pyrénées elle vous répondra sans hésiter : « Chez ma grand-mère » et, quoi qu'il en soit, elle ne manquera pas l'occasion de vanter la gastronomie luchonnaise.
Ah ! Le gâteau au chocolat de sa sœur ! Ou une entrecôte XXL ! Ou encore une bonne garbure. Ou mieux : ce « pétéram » au nom rigolo dont voici la recette.

 

Un pétéram pour 8 personnes

Matières premières
- 6 pieds d'agneau
- 1 pied de veau
- 2 panses d'agneau
- 2 fraises d'agneau
- Les intestins de deux agneaux
- 250 g de lardons de poitrine salée de porc
- 1 crosse de jambon
- 1 jarret de porc
- 1 jarret de veau
- 2 oignons émincés, 3 carottes émincées, 6 gousses d'ail écrasées,
3 tomates taillées en mirepoix, 6 pommes de terre fermes
- Gras de jambon
- 1 bouquet garni (thym, laurier, persil, sauge sarriette).
- 1 bouteille de blanc sec genre Jurançon
- Sel, poivre et piment d'Espelette

Assemblage
- Dorez jarrets de porc et de veau au four. Taillez le gras de jambon en cubes et placez-le dans un rondeau préalablement chauffé.
Faites revenir lardons, oignons et carottes émincés, tomates taillées en cubes et ail.
- Ajoutez les pieds d'agneau, pied de veau, panses et intestins d'agneau blanchis et coupés en morceaux réguliers, et la crosse de jambon.
- Recouvrez de Jurançon sec et plongez le bouquet garni. Portez à ébullition, salez, poivrez, laissez fristouiller pendant trois heures.
- Ajoutez les patates coupées en quatre et comptez encore une demi-heure de cuisson.

Fignolage
- Retirez le bouquet garni, désossez pieds de veau et d'agneau, découpez jarrets et jambon d'agneau et découpez la viande des jarrets et du jambon que vous mélangerez au pétéram.
- Saupoudrez de piment d'Espelette.
- Servez accompagné de Jurançon sec.
- Vous êtes bon pour une sieste.

Sa grande passion : La flore pyrénéenne

Parmi les trois bonnes raisons de découvrir les Pyrénées hors saison Marie-Laure cite donc la flore. Elle ne tarit notamment pas sur l'iris des Pyrénées, une fleur endémique qui s'épanouit quelques mois plus tard que son cousin des plaines. On peut admirer ses fins pétales bleu-violet jusqu'à 2 200 mètres.

Marie-Laure aime aussi le rhododendron ferrugineux. Drôle de nom pour cette superbe fleur, endémique elle aussi. Attention ! Le rhododendron ferrugineux, faut le mériter : l'altitude est son royaume, il pousse jusqu'à 3 200 mètres, entre le mois de mai et le mois d'août, et apprécie tout particulièrement les versants nord, froid. Malin, il se protège du gel sous le manteau neigeux. La flore pyrénéenne est particulièrement riche. Plus de 3 000 fleurs dont 120 endémiques dont l'isolement géographique a empêché l'extension. En vous baladant au printemps, vous tomberez nez à nez avec elles au gré de la grimpette. Comme souvent les belles, les fleurs des Pyrénées restent intouchables. Alors gare : les cueillir est interdit.












SOURCE : LA DEPECHE
   
L'auberge d'Astau