Ski de Fond
Interview de Maxime Maurey
 
 
 
vendredi 30 juin 2010
 
Portrait de Maxime Maurey, champion de France Jeunes de ski de fond
 
Un nouveau fondeur dans la galerie des portraits... Maxime Maurey. Le Villardien a obtenu de brillants résultats en Italie aux ISF et surtout, a remporté brillamment le titre de Champion de France de poursuite chez les Jeunes.
 
Palmarès de la saison
   
Nordic Challenge FFS
19ème à Bessans sur 7,5km classique
14ème à Bessans sur 10km libre
18ème à Prémanon sur 9km libre mass start
8ème à La Clusaz sur 10km libre
9ème à La Clusaz sur poursuite 10km
14ème à Pontarlier KO sprint
  11ème à Pontarlier 10km classique mass start
    9ème à Serre Chevalier 15km libre mass start
    14ème au classement général
  Championnat de France
  6ème aux Saisies sur 21km libre
  Champion de France aux Rousses en poursuite
Ski de fond régional
2ème du Grand Prix de l'Oisans en sprint classique
2ème Championnats du Dauphiné à Autrans 10km classique
    1er à Chaud Clapier sur 10km classique
  Championnat de France des clubs avec CS Villard-de-Lans 2
  8ème avec Jules Genin, Emilien Jacquelin et Sylvain Mouton
  Championnat du Monde scolaire ISF
    Médaille de bronze en individuel sur 7,5km
    Champion du monde en relais avec Paul Reinaudo, Gatien Airiau et Léo Guilhem

 
Quels ont été les moments forts lors de ta saison ?
La plupart des courses ont été des moments forts, chacune avait ses particularités et ses moments prenants. Mais celles où les bons résultats étaient au bout marquent évidemment toujours plus : les ISF en Italie, les Championnats de France dans le Jura et aux Saisies sont celles qui m'ont le plus touché et auquelles je pense le plus.

Tu as remporté le titre de Champion de France de poursuite Jeunes. Ce n'est pas rien surtout que tes adversaires ne t'attendaient pas forcément à ce niveau. Comment as-tu vécu ce grand moment ?
Même pour moi c'était impensable, surtout que je ne savais même pas si j'allais courir étant malade. Mais à l'échauffement tout a disparu j'ai donc pris le départ correctement. Je me sentais super bien et ça m'étonnait de suivre la tête sans difficultés. Et puis progressivement, je me suis retrouvé devant et je commençais à prendre conscience de ce que j'étais en train de réaliser. C'était fantastique de franchir le premier la ligne d'arrivée d'un Championnat de France, ce sont des sensations que je recommande à tous... (Mon coach a dû m'offrir 1kg de chocolat car j'avais réussi un podium en course nationale). Ce week end d'avril a tout simplement été fabuleux et je me souviendrai toujours de chaque instant.

Quels étaient tes objectifs pour cette saison ? Les as-tu remplis ?
Je voulais faire partie des dix premiers nationaux en jeunes et des cinq en Jeunes 1ère année, et aller aux ISF avec mon lycée. Il fallait, en général, que je fasse une bonne saison de "découverte" du circuit national jeune qui est quand même différent de ce qu'on peut vivre en cadets. Je suis passé un peu à côté lors des premières courses à cause de mon début de saison pas terrrible. Par contre, les ISF ont été une grande réussite et, avec un peu de recul, je vois qu'en général cette saison n'a pas été mauvaise même si j'étais parti longtemps avec l'idée contraire à cause du début de saison.

Quand et comment as-tu découvert le ski ?
J'ai découvert le ski vers l'âge de 4 ans par un énorme hasard. Mes parents n'avaient presque jamais fait de ski de fond mais ils m'avaient emmené en faire une fois. Lors de cette sortie, le club est passé par là et, je ne me souviens absolument pas pourquoi,mais je suis parti avec eux en laissant ma mère et depuis j'ai toujours eu envie d'en faire.

A partir de quand as-tu fait de la compétition ?
J'ai très vite accroché à la compétiton. C'est un aspect du sport qui me plaît. Même dans les autres sports que j'ai pratiqués, j'en ai fait dès que j'ai pu.

Quels autres sports as-tu pratiqués ?
J'ai touché un petit peu à tout, j'ai fait beaucoup de judo, de l'athlétisme, un tout petit peu de tennis. Maintenant, tout ce que je fais à part du ski de fond, c'est du snowboard quand je peux et qu'il n'y a pas de compétition avant quelques temps, le risque de se blesser est trop grand.


Quel est ton style préféré ?
Ca va dépendre des moments. Avant d'être au comité, j'étais très mauvais en classique et maintenant, ce serait plutôt mon point fort. Ensuite, au fil de la saison, je vais avoir plus ou moins envie d'un style ou de l'autre mais aucun ne me tient particulièrement à coeur maintenant. On peut dire que la double poursuite est faite pour moi d'un certain côté.

Quel est ton format de course préféré ?
Les longues distances surtout et comme mes bons résultats viennent aussi en double poursuite, ça contribue à me faire aimer ce format de course aussi d'une certaine manière. En tout cas, je ne suis pas du tout fait pour les sprints, c'est au-dessus de moi.

Tu as choisi de continuer dans le ski de fond plutôt que le biathlon ? Pourquoi ?
La manière de s'entraîner ne me correspondait pas. De plus, la seule chose qui me gênait dans le biathlon, autant sur les courses qu'à l'entraînement, c'était le tir. Je n'ai donc pas insisté. Le fond me correspond plus que le biathlon.

Suis-tu un plan d’entraînement précis ?
Simplement le programmme que Mickael nous fait. J'essaie de le suivre à la lettre mais j'ai parfois beaucoup de difficultés à me dire d'aller m'entraîner spontanément et mes nombreuses maladies et blessures ne m'aident pas beaucoup.

Penses-tu être dans de bonnes conditions pour le réaliser ?
Chez moi, dans le sud, c'est un peu difficile à cause de la chaleur... Mais en saison, nous sommes souvent libérés et je pense que le système de la ST n'est pas trop mal. Je pense que les principales conditions sont correctes pour nous faire avancer même si il faut s'accrocher.

Tu habites dans le sud ?
J'habite à côté d'Avignon, à Rochefort du Gard plus précisément, c'est à 200 kms de Villard. C'est une distance qu'il faut arrriver à gérer et quand j'y suis je ne peux m'entraîner que le matin ou le soir, le reste de la journée il fait trop chaud l'été.

Scolairement tu en es où ? Peux-tu concilier facilement les études et le sport ?
Je suis en première. Je n'ai pas trop de souci scolairement donc les études ne me gênent pas beaucoup même s' il faut y penser.

Quelles sont tes ambitions professionnelles ?
Je n'y pense pas beaucoup comme la plupart des gens de mon âge. Mais c'est la filière scientifique et le sport qui m'attirent.

Quels sont les champions ou championnes que tu admires le plus ?
Ceux qui se donnent les moyens de réussir et se sont battus pour arriver où ils sont, les sportifs qui le méritent. Ceux que je connais le mieux me montrent bien cela, je vois les efforts qu'ils font pour gagner.

A qui penses-tu en particulier ?
A Robin Duvillard, avec qui je fais souvent les relais du club de Villard-de-Lans mais aussi aux coureurs du Team Grenoble que je côtoie lors des Nordic Challenge.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?
La saison de "découverte" du circuit des Nordic Challenge étant passée, j'espère monter plusieurs fois sur des podiums et surtout aller aux FOJE, ce qui reste mon grand objectif de la saison.

Pratiques-tu d’autres sports ?
Le ski me prend presque tout mon temps et rajouter une dose de fatigue serait une mauvaise idée.

Suis-tu les grands événements du ski à la télévision ?
Je regarde très peu la télé mais dans la mesure du possible oui. J'essaie de me tenir informé de ce qui se passe dans notre monde du ski, mais aussi bien sûr dans beaucoup d'autres sports.

En dehors du ski quels sont tes loisirs préférés, tes passions ?
J'ai beaucoup fait de piano mais maintenant je n'ai plus tellement de temps et l'envie me manque lorsque je rentre de l'entraînement.


Qu'est-ce que tu aimes comme musique ?
Je suis plus attiré par le morceau que j'écoute que par un chanteur ou une chanteuse en particulier. Je suis très ouvert dans mes choix. Avant une course, j'aime bien écouter quelque chose qui bouge en tout cas.

 
Maxime vu par
son entraîneur, Mickaël Gamby

Quelles sont les qualités physiques de Max ?
Grâce au travail que fournit Max, toutes ses qualités physiques évoluent de concert. Il devient de plus en plus solide, ce en tous points, au fil des heures d'entraînement. Cette année, il a apprisà mettre son physique au service de sa technique. Il utilise très bien ses qualités de force vitesse lors des impulsions en skate. Son style de ski est alors agressif et redoutable en neige dure.
En classique, il a fluidifié son style en cours de saison, quelle que soit la neige.
Il a un profil d'athlètes de distance. Il est endurant. Il est aussi à l'aise sur 10 km que sur 21.
Sa plus grande qualité est d'être travailleur. Il réagit au programme d'entraînement exactement comme je le prévois. Cela est très rare, et aussi très confortable dans la préparation des objectifs.

A quoi peut-on attribuer son titre de champion de France ?

Le bilan de sa saison ne fait apparaître qu'un podium : le titre de champion de France de poursuite, qui récompense un athlète complet. Max est capable de performer en skate comme en classique.
Le début de saison a été difficile. Max a été malade en novembre. Il lui a manqué 50 % de volume sur quatre semaines clés. Il est donc passé à côté des 2 Nordic Challenge de décembre. En janvier, il retrouve le top 10 à la Clusaz, mais pas mieux à cause d'une chute dans la poudreuse au départ (30'' de retard sur l'avant dernier au bout de 500m de course…). En février, c'est 10'' d'avance qu'il prend sur le peloton, pendant 5 km, mais en plein vent et lors du 1er tour… En mars, les réglages sont faits. Il explose la concurrence en classique aux mondiaux scolaires, produisant un ski efficace et économe. Il manque de glisse pour le podium à Serre Che et joue la 4ème place au sprint final du championnat de France longue distance.
Il fait la course parfaite aux championnats de France de poursuite, sans que cela soit un hasard.
Max sait désormais que "c'est possible" et les autres athlètes du groupe se sont rendu compte que le podium était envisageable sans complexe.

Dans quels domaines peut-elle s'améliorer ?
Maxime tombe souvent malade, ce qui coupe régulièrement sa préparation. Cela évolue doucement dans le bon sens, de même qu'il ne se blesse plus comme avant ou que son gainage s'améliore.
Il n'est pas encore au top dans la gestion de son matériel, malgré une prise de conscience cette année.
Le progrès se situe aussi dans la gestion des courses. Il y a eu cette saison trop de "petits trucs" qui l'ont écarté des podiums.
En continuant sa progression et avec un coup de pouce de sa bonne étoile, Max peut accéder au circuit international l'an prochain : coupe d'Europe et FOJE.

 
Championnats de France de poursuite aux Rousses :
à la lutte avec le Savoyard, Brice Viard Gaudin
Championnats de France de poursuite aux Rousses :
la victoire au sprint devant Brice Viard Gaudin
Championnats de France de poursuite aux Rousses :
la victoire avec mes entraîneurs, Mickaël Gamby et Jonathan Bernollin

Grand Prix de St-Egrève à Chamrousse
 
ISF en Italie avec mes copains de Villard-de-Lans
 
ISF en Italie
Maxime