Biathlon
Deux copains à Bessans
 
 
 
mercredi 28 juillet 2010
 
Rencontre avec Loïs Habert et Frédéric Jean
 
Pendant l'été, la Haute-Maurienne et Bessans en particulier accueillent sur le stade de biathlon les comités, les clubs et les individuels qui viennent profiter des structures en parfait état dans un cadre grandiose.

Cette semaine, les Comités de Savoie et du Mont Blanc sont en stage tout comme deux figures connues du circuit international, Loïs Habert et Frédéric Jean.

Le Dauphinois et le Jurassien d'adoption, amis depuis longtemps, se sont organisés pour mettre en place des stages personnels depuis leur éviction des groupes nationaux. Une bonne occasion de leur poser quelques questions...





Loïs Habert et Fred Jean >
 
Vous avez l'air d'être vraiment copains...
Loïs : Avec Fred, on se connaît depuis longtemps maintenant.
Fred : On s'est connu à Villard-de-Lans quand j'étais en sport-études.
Loïs : Moi, j'étais dans la section en alpin et lui en biathlon.

Quel type de stage effectuez-vous ?
Loïs : On est ici à Bessans pour une semaine, à titre personnel en dehors de toute structure fédérale ou régionale. On gère nous-même nos plans d'entraînements.
Fred : Ici, on peut faire du tir, du VTT, du vélo de route, du ski-roues, de la marche en montagnes et de la musculation. C'est une chance dans notre sport de pouvoir toucher un peu à tout pour s'entraîner.

Est-ce que vous avez gravi les deux grands cols ?
Loïs : On a fait l'Iseran en vélo et en ski-roues classiques. On va moins sur le Montcenis car il y a trop de voitures.

Avez-vous programmé d'autres stages ?
Fred : On a prévu une semaine en août à Arçon dans le Doubs.
Loïs : On doit aussi aller quelques jours sur le glacier des Diablerets avec Salomon, notre nouvel équimentier, pour choisir des skis pour la saison. On apprécie vraiment la relation avec les cadres de cette marque. On les trouve très professionnels. Ils sont très à l'écoute de nos demandes et nous permettent de prendre part au développement de nouveaux matériels.

Vous êtes nombreux à être passés chez Salomon ?
Loïs : Outre Jason Lamy-Chappuis pour les combinés, chez les biathlètes, on est trois, Alexis Boeuf, Fred et moi.
Fred : Chez les fondeurs, ils sont trois aussi : Cyril Miranda, Roddy Darragon et Christophe Perrillat.






Une nouvelle façon de faire les foins >
 
Vous avez beaucoup de points communs : Vous êtes Drômois, vous avez été évincés tous les deux de la structure fédérale cette année, vous avez tous les deux une copine ou une épouse numéro deux de leur discipline au bilan de la dernière saison (Marie Dorin et Aurore Cuinet)...
Loïs : Tiens, c'est marrant, je n'y avais pas pensé...
Fred : Moi non plus...

Revenons tout d'abord à votre éviction des groupes nationaux. Comment l'avez-vous vécue ?
Loïs : Je l'ai vue venir progressivement tout au long de la saison. J'ai senti très vite que je n'avais plus toute la confiance de l'encadrement. Mes résultats en Coupes du Monde ne préchaient pas non plus en ma faveur. Donc, j'ai trouvé ça très dur mais ça ne m'a pas choqué car je m'y suis préparé petit à petit.
Fred : Pour moi, c'est un peu pareil que pour Loïs. Evidemment, c'est dur, ça fait mal mais, au final, je me demande si pour moi, ce n'est pas mieux d'être en dehors d'une structure. Je peux mieux gérer mes différents entraînements.

Est-ce que vous connaissez les critères qu'il faudra remplir pour retrouver une place en Coupe du Monde ?
Loïs : Quand on n'est plus dans la structure, on manque d'informations venant de la Fédé. Pour les sélections, il ne reste plus qu'une ou deux places si on considère que Vincent, Simon, Martin et Alexis ont leur place assurée. Pour Jean-Guillaume, on ne connaît pas encore vraiment son statut.
Fred : Sur six places en Coupes du Monde, il n'en reste donc plus qu'une ou deux à attribuer. La première sélection aura lieu en octobre à Arçon.
Loïs : D'autant plus qu'il y a une nouveauté pour les saisons à venir, c'est que les plus de 25 ans ne pourront plus participer aux Coupes d'Europe...

C'est une décision de l'IBU ?
Loïs : Non, c'est une décision qui n'a été prise que par la France.
Fred : On va être quatre seniors pénalisés cette saison : Tanguy Roche, Vincent Porret, Loïs et moi. Du coup, Arnaud Langel qui est dans le même cas a pris la décision d'arrêter sa carrière.

Est-ce que vous êtes encore sous contrat ?
Loïs : Je remercie vraiment la Douane qui a prolongé mon contrat jusqu'au 30 juin 2011. Avec la Douane, ce sont des contrats renouvelables un an. J'espère avoir les résultats qui me permettront de rester sous contrat.
Fred : Je suis sous contrat avec l'Armée jusqu'au 31 octobre 2010 et puis tout s'arrête, je vais toucher des indemnités de chômage quelques mois encore. Je suis déçu mais c'est comme ça... J'aurai passé trois années au sein de l'EFMS.
De plus, tout au long de ma préparation, le Comité du Jura m'a soutenu pour que je puisse m'organiser des journées de stage.


Et après ?
Fred : Après, je vais me débrouiller avec les sponsors qui m'ont fait confiance et je pense pouvoir terminer la saison comme ça.

Revenons à votre copine ou votre épouse. Comment avez-vous vécu leur excellente saison au moment où vous, vous n'aviez pas les résultats que vous espériez ?
Loïs : Ca m'a fait un bien fou. J'ai adoré la voir réussir et atteindre les objectifs qu'elle s'était fixés. Je n'ose même pas imaginer si on avait été tous les deux à la maison à galérer. Oui, ça m'a fait beaucoup de bien... Quand elle réussissait, c'était comme si c'était moi qui réussissais.
Fred : Aurore n'a pas eu des résultats aussi brillants que ceux de Marie mais elle a réalisé une super saison. Comme Loïs, ça m'a fait beaucoup de bien, ça m'a bien aidé moralement. Je nous voyais mal restés tous les deux à la maison et regarder les autres à la télé.

Est-ce qu'on peut dire qu'Aurore est la numéro 2 française en ski de fond ?
Fred : Au bilan chiffré, elle est deuxième mais la force d'Aurore, c'est sa polyvalence, elle peut se battre et réussir dans les deux styles et dans tous les formats de course. J'espère qu'elle fera quelque chose de grand aux Mondiaux d'Oslo en 2011, c'est son objectif !

Merci à tous les deux et est-ce qu'on verra à Bessans avant l'hiver ?
Loïs : Je serai là le 27 août pour le Biathlon Summer Tour.
Fred : Quant à moi, je ne ferai pas cette étape du Biathlon Summer Tour.
 
Fred et Loïs
 
Fred Jean sur le stade de Haute Maurienne
Fred Jean dans le décor grandiose de Bessans
Fred Jean et Bessans