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Comité International Olympique (CIO) et l'Agence
Mondiale Antidopage (AMA) ont indiqué mercredi
à Vancouver qu'une trentaine d'athlètes
qui devaient participer aux Jeux Olympiques ont été
priés par leurs propres fédérations
de rester chez eux suite à des contrôles
antidopage ayant révélé des paramètres
anormaux. Aucun nom, aucune nationalité ni aucune
discipline n'ont été dévoilés
mais le hockey sur glace féminin est, selon nos
informations, l'une des disciplines concernées.
«Il
faut se méfier des rumeurs concernant les noms
car elles sont souvent destinées à déstabiliser
les délégations et les athlètes,
a toutefois indiqué Sarah Lewis, la secrétaire
générale de la fédération
Internationale de Ski (FIS). Je préfère
attendre des informations officielles.»
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Les
inquiétudes concernant la lutte contre le
dopage chez les athlètes russes, exprimées
lundi 8 février par le président du
Comité international olympique (CIO), Jacques
Rogge, ont été prolongées dès
le lendemain lors d'une conférence de presse
préalable aux Jeux de Vancouver, qui débutent
vendredi 12 février. Après avoir décernés
quelques satisfécits au CIO pour l'intensification
de ses efforts, les principaux responsables de la
lutte antidopage ont dû reconnaître
que leur action se heurtait à de nouvelles
limites.
Installée le temps de la compétition
à Richmond, à la périphérie
de Vancouver, l'antenne du laboratoire antidopage
de Montréal a prévu de procéder
aux analyses de quelque 2 000 échantillons
(450 sanguins et 1 600 urinaires) : un chiffre en
hausse par rapport aux Jeux de Turin de 2006. Depuis
le 4 février, 420 échantillons ont
déjà été prélevés,
sans le moindre résultat positif. Pendant
la période olympique, qui débute avec
l'ouverture du village, tout athlète doit
être disponible pour un test, même s'il
se trouve à l'étranger. Auquel cas,
un responsable du comité olympique local
veillera à la procédure. |
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| "LES
ATHLÈTES PEUVENT ÊTRE COINCÉS DANS
UN OU DEUX ANS"
La
directrice du laboratoire, Christine Ayotte, a assuré
qu'ont été intégrés aux
tests "les dernières substances susceptibles
d'être consommés par des athlètes".
Le CIO dispose également des passeports biologiques,
adoptés en décembre 2009, qui permettent
le suivi de certains paramètres hématologiques
(hématocrite, par exemple) d'un athlète.
Une task force se réunit quotidiennement avec
des membres du CIO, de l'Agence mondiale antidopage
(AMA) et du Comité organisateur de Vancouver
(Covan) pour échanger des informations. Elle
pourra dès lors "cibler spécifiquement
un athlète", a précisé le
directeur médical du CIO, Patrick Schamash.
Si
Arne Ljungqvist, président de la Commission médicale
du CIO, s'affirme "certain que les Jeux sont de
plus en plus propres", il admet qu'"aucun
système ne peut être infaillible pour des
raisons techniques et parce que l'industrie pharmaceutique
continue de mettre au point de nouvelles substances
pour ceux qui veulent tricher". "Des essais
cliniques de produits qui seront disponibles d'ici deux-trois
ans pourraient déjà être utilisés
par certains athlètes", admet-il. Il est
beaucoup question à Vancouver de l'Hematide,
un produit expérimental pour le traitement de
l'anémie dont l'Agence française de lutte
contre le dopage (AFLD) soupçonnait déjà
l'usage sur le Tour de France 2009.
" Il y aura toujours des gens qui passeront au
travers des mailles du filet", a reconnu Arne Ljungqvist,
qui a toutefois averti que le CIO était "
au courant de ce qui est mis sur le marché".
"Les athlètes doivent savoir qu'ils peuvent
être coincés dans un ou deux ans",
a-t-il poursuivi. La période de prescription
adoptée par le code mondial antidopage pour les
tests est de huit années.
NE
PAS SE CONCENTRER SEULEMENT SUR LES RUSSES
Cette
mise en garde vise notamment la Russie, qui accueillera
pour la première fois les Jeux d'hiver, en 2014
à Sotchi, dans le Caucase. Ce pays a été
récemment touché par des cas de dopage
en ski de fond et en biathlon. "Ils ont un problème,
on les a informés, ils devront le régler
en prenant les mesures nécessaires", a affirmé
Arne Ljungqvist. Ce qui passe par "un soutien à
l'Agence nationale antidopage de Russie [Rusada] en
tant qu'organisme indépendant". Le président
de la Commission médicale du CIO a reconnu implicitement
ne disposer d'aucun moyen contraignant puisque ce sont
aux Russes "de travailler sur cette affaire"
: "Ce serait une bonne façon de nous montrer
qu'ils sont prêts à lutter de manière
sérieuse contre le dopage". Selon un rapport
confidentiel de l'AMA que s'est procuré la chaîne
de télévision publique allemande ZDF,
les agents de Rusada auraient été "massivement"
empêchés d'effectuer leurs contrôles
sur le territoire russe.
Le
message n'est toujours pas passé en cyrillique
puisque le ministre russe des sports, Vitaly Mutko,
cité par l'agence RIA-Novosti, a estimé
que les déclarations de Jacques Rogge visant
son pays n'étaient "rien d'autre qu'une
tentative de mettre une pression psychologique sur nos
athlètes" qui sont "partis pour les
Jeux totalement propres".
Christiane
Ayotte a évoqué les difficultés
posées par l'apparition de biosimilaires (soit
des "copies") de l'érythropoïétine
(EPO), aux "profils différents de ce que
l'on peut détecter aujourd'hui". Elle a
notamment cité "deux stimulants mis sur
le marché par l'industrie pharmaceutique russe,
d'abord utilisés pour l'armée, et dont
les athlètes russes ont usé puis abusé."
La directrice de l'antenne de Vancouver refuse toutefois
qu'"on se concentre uniquement sur les athlètes
russes. Aux Etats-Unis aussi, des pseudo-scientifiques
créent des produits qu'on ne peut pas déceler.
Les Russes ne sont pas les seuls qui se dopent"
article de Bruno Lesprit (Le Monde Sports)
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